Spaghettis bolognaise.
Un bon plat de pâtes, ça calle bien et puis on se débrouille toujours pour trouver un morceau de chat crevé dans le quartier, ça coupe la faim, ça mange pas de pain.
Les tomates ça couvre l'amertume et puis si y'a un peu de vers, ça fait + de viande !
Le père était chargé de la sauce.
" - Il nous manque des tomates, jvais en piquer chez le vieux du-bout-du-champ"
" Slalomme bien entre les balles, la dernière fois elle t'a manqué de peu, pas envie de devoir te soigner encore, tu sais bien que je supporte pas la vue du sang" disait la mère qui tailladait le poulet plumé qu'on bouffera le lendemain.
Encore un que le chien a ramené et qu'on a réussi à lui enlever... Faudra qu'on lui en laisse un, un jour, sinon il va finir par plus rien pouvoir ramener... On pourrait p'tetr le manger après remarque... Faudrait que j'en touche 2mots à papa.
Le père revint avec une pauvre misérable tomate. Et la mère de gueuler aussitôt comme une vâche qui se fait enculer "Quoi?! Tu pars un quart d'heure et tu ne ramènes que cette misérable tomate de merde. Qu'est-ce-que tu veux que je fasse avec ça ? On va encore être obligés de prévoir autre chose et tu sais que j'en ai plus que marre de manger. En plus, ma dernière dent du haut va bientôt tomber. Tout ça, ça serait pas arrivé si..."
Voyant que ma mère allait dire quelquechose qu'il valait mieux pas que j'entende, il la prit par le bras et la sortit du taudit qu'on qualifiait aux heures perdues de maison.
La mère avait mis son beau tablier rouge, il resta coincé dans la porte.
Des cris, des pleurs, beaucoup de cris, mais bon, je les entendais plus, l'attention sélective vous savez, à force de voir des moulins tout le temps vous ne remarquez plus quand vous passez devant, ben là, c'était pareil, sa voix grissaillarde, j'la captais plus.
Et puis je commençais à avoir vraiment la dalle moi! Ils me font chier à tout le temps s'engueuler.
Un coup de fusil.
Et tout est calme.
Je prête l'oreille. Entends les grosses bottes du père patauger ds la boue.
Quelques minutes après, il monte, je sursaute, décolle la tête de la porte assez vite pour pas qu'il me l'arrache au passage. Le tablier tombe, il s'essuie les mains pleines de sang dessus.
"Y'a un porc qui s'est échappé de chez le voisin. Du coup, ta mère en a profité pour encore aller se cacher dans les fougères. Comme si ça la blessait encore les coups que jlui porte... Bref, au moins, on aura de quoi bouffer. On va se faire prier. On va pas l'attendre pour profiter."
Je lève les yeux, de toute façon, je ne peux rien dire.
Je l'aide à préparer la bouffe.
C'est meilleur que d'habitude, une grande chance ce cochon.
Mais personne ne parle, ça fait vide quand maman gueule pas quand même. Et puis, d'habitude, elle reste pas planquée + d'une heure, c'est le temps pour le gros soit calmé.
"-Qu'est-ce-qu'elle fait maman ? Elle va y rester longtemps?"
"- Ben alors qu'est-ce-qui t'arrive ptite putain, elle te manque ta grogniasse de génitrice, tu manque d'exemple pour mastiquer bruyamment?"
Je baisse les yeux, seul échappatoire possible dans ces cas là...
"-Tu l'aimes ta mère?
J'esquisse un oui murmuré et un vague mouvement de la tête. Il pousse le plat vers moi...
- Et bien reprends-en !"
Un bon plat de pâtes, ça calle bien et puis on se débrouille toujours pour trouver un morceau de chat crevé dans le quartier, ça coupe la faim, ça mange pas de pain.
Les tomates ça couvre l'amertume et puis si y'a un peu de vers, ça fait + de viande !
Le père était chargé de la sauce.
" - Il nous manque des tomates, jvais en piquer chez le vieux du-bout-du-champ"
" Slalomme bien entre les balles, la dernière fois elle t'a manqué de peu, pas envie de devoir te soigner encore, tu sais bien que je supporte pas la vue du sang" disait la mère qui tailladait le poulet plumé qu'on bouffera le lendemain.
Encore un que le chien a ramené et qu'on a réussi à lui enlever... Faudra qu'on lui en laisse un, un jour, sinon il va finir par plus rien pouvoir ramener... On pourrait p'tetr le manger après remarque... Faudrait que j'en touche 2mots à papa.
Le père revint avec une pauvre misérable tomate. Et la mère de gueuler aussitôt comme une vâche qui se fait enculer "Quoi?! Tu pars un quart d'heure et tu ne ramènes que cette misérable tomate de merde. Qu'est-ce-que tu veux que je fasse avec ça ? On va encore être obligés de prévoir autre chose et tu sais que j'en ai plus que marre de manger. En plus, ma dernière dent du haut va bientôt tomber. Tout ça, ça serait pas arrivé si..."
Voyant que ma mère allait dire quelquechose qu'il valait mieux pas que j'entende, il la prit par le bras et la sortit du taudit qu'on qualifiait aux heures perdues de maison.
La mère avait mis son beau tablier rouge, il resta coincé dans la porte.
Des cris, des pleurs, beaucoup de cris, mais bon, je les entendais plus, l'attention sélective vous savez, à force de voir des moulins tout le temps vous ne remarquez plus quand vous passez devant, ben là, c'était pareil, sa voix grissaillarde, j'la captais plus.
Et puis je commençais à avoir vraiment la dalle moi! Ils me font chier à tout le temps s'engueuler.
Un coup de fusil.
Et tout est calme.
Je prête l'oreille. Entends les grosses bottes du père patauger ds la boue.
Quelques minutes après, il monte, je sursaute, décolle la tête de la porte assez vite pour pas qu'il me l'arrache au passage. Le tablier tombe, il s'essuie les mains pleines de sang dessus.
"Y'a un porc qui s'est échappé de chez le voisin. Du coup, ta mère en a profité pour encore aller se cacher dans les fougères. Comme si ça la blessait encore les coups que jlui porte... Bref, au moins, on aura de quoi bouffer. On va se faire prier. On va pas l'attendre pour profiter."
Je lève les yeux, de toute façon, je ne peux rien dire.
Je l'aide à préparer la bouffe.
C'est meilleur que d'habitude, une grande chance ce cochon.
Mais personne ne parle, ça fait vide quand maman gueule pas quand même. Et puis, d'habitude, elle reste pas planquée + d'une heure, c'est le temps pour le gros soit calmé.
"-Qu'est-ce-qu'elle fait maman ? Elle va y rester longtemps?"
"- Ben alors qu'est-ce-qui t'arrive ptite putain, elle te manque ta grogniasse de génitrice, tu manque d'exemple pour mastiquer bruyamment?"
Je baisse les yeux, seul échappatoire possible dans ces cas là...
"-Tu l'aimes ta mère?
J'esquisse un oui murmuré et un vague mouvement de la tête. Il pousse le plat vers moi...
- Et bien reprends-en !"

